Au cours des dernières années, les chercheurs de la SLA ont appris que de petites structures dans les motoneurones appelées granules d’ARN constituent l’une des différences biologiques les plus courantes chez les gens atteints de la SLA et de la démence frontotemporale comparativement aux gens qui ne souffrent pas de ces maladies.
Ces petites granules qui ressemblent à des balles sont faites d’ARN, des molécules qui transmettent les instructions génétiques dans l’ADN, ainsi que de protéines spécialisées se liant à l’ARN pour influencer son activité. De telles granules se forment lorsque les motoneurones sont exposés à des facteurs potentiellement nuisibles, ou à la suite de mutations associées à la SLA qui touchent les molécules d’ARN spécifiques ou les protéines se liant à l’ARN.
La formation des granules d’ARN est normalement un processus fluide requis pour aider les cellules à s’adapter à leur environnement. Mais dans le cas de la SLA, la formation et le bris des granules d’ARN semblent être anormaux. « On pense que ces granules d’ARN agissent comme des éponges qui séquestrent à l’extérieur des éléments cellulaires importants et les empêchent d’exécuter leurs fonctions normales », indique le Dr Eric Lécuyer, un chercheur à l’Institut de recherches cliniques de Montréal. Il a reçu une bourse de découverte de la Société canadienne de la SLA et de la Fondation Brain Canada en 2016 pour étudier les granules d’ARN et les protéines se liant à l’ARN dans les formes héréditaires de la SLA.
Grâce à une subvention de projet de 125 000 $ de la Société canadienne de la SLA reçue en 2018, le Dr Lécuyer continuera de faire avancer les recherches internationales sur la SLA en explorant et en décrivant les granules d’ARN de façon plus détaillée. « Les recherches axées sur l’ARN explosent vraiment. Les processus de l’ARN perturbés émergent en tant que facteurs clés dans de nombreuses maladies, plus particulièrement dans les troubles neurologiques et neuromusculaires. »
Découvertes antérieures
Lors de ses recherches antérieures, le Dr Lécuyer a découvert qu’une classe particulière de granules d’ARN, appelées granules de stress, étaient trop nombreuses, plus grosses et plus persistantes dans les cellules des gens avec la SLA comparativement aux gens sans la SLA. Il a utilisé une bibliothèque exhaustive de plus de 300 anticorps pour identifier les protéines se liant à l’ARN dans les granules de stress à l’aide de techniques d’imagerie avancées. Ces travaux faisaient partie d’une collaboration productive avec le Dr Gene Yeo, un chercheur sur l’ARN de l’Université de la Californie à San Diego.
