
Dans cette étude, la Dre Lilian Lin (University of Toronto) et le laboratoire Robertson révèlent que la déficience en C9orf72 aggrave les symptômes liés à la SLA chez les modèles de souris atteints de cette maladie. Il est établi depuis longtemps que les variantes du gène C9orf72 augmentent le risque de SLA ; cependant, il y a des théories contradictoires sur le fait que les variantes C9orf72 provoquent un gain ou une perte de fonction. Cela signifie que lorsqu’une variante d’un gène provoque la SLA, elle peut le faire soit en réduisant la fonction normale de la protéine résultante (perte de fonction), soit en conférant à la protéine résultante une nouvelle fonction toxique (gain de fonction), ou dans certains cas, les deux. Cette étude soutient l’hypothèse dans laquelle C9orf72
présente des caractéristiques de perte de fonction, contribuant à la neurodégénérescence chez les personnes atteintes de SLA ou de démence frontotemporale (DFT) liée à une variante de C9orf72. L’équipe a spécifiquement découvert que lorsque le C9orf72 est absent, des fragments TDP-43* nocifs (en particulier celui appelé TDP-25) mènent à de graves problèmes moteurs et à la perte de cellules cérébrales. De plus, cette déficience semble perturber l’autophagie, un processus d’« autonettoyage » qui décompose et élimine les déchets cellulaires, tels que les protéines TDP-43/TDP-25 dysfonctionnelles, afin que la cellule puisse fonctionner correctement.
Il est extrêmement important de comprendre la fonction du gène C9orf72 afin que les thérapies génétiques sélectionnées puissent traiter les effets liés à la perte ou au gain de fonction, nous rapprochant ainsi d’un nouveau traitement. Le laboratoire Robertson, dirigé par la Dre Janice Robertson, a reçu plusieurs fois le soutien du Programme de recherche de la Société canadienne de la SLA. Vous pouvez consulter la base de données de nos projets financés ici.
*On sait que la plupart des cas de SLA présentent une biologie anormale de la TDP-43, peu importe la variante génétique. La TDP-43 est une protéine qui joue plusieurs rôles dans la régulation génétique, la biologie de l’ARN et des protéines, ainsi que le fonctionnement normal des cellules. La protéine TDP-43 se trouve généralement dans le noyau de la cellule, qui contient l’ADN, mais dans la plupart des cas de SLA, elle se retrouve dans le cytoplasme (la partie de la cellule située à l’extérieur du noyau) et peut former des amas appelés agrégats. Les chercheurs essaient de comprendre si la TDP-43 anormale affecte les motoneurones en raison d’une perte de sa fonction normale dans le noyau, d’une fonction toxique supplémentaire dans le noyau ou le cytoplasme, ou d’une combinaison de ces facteurs.