Eric Martineau est doctorant dans le laboratoire de Richard Robitaille à l’Université de Montréal. En 2015, il a reçu la bourse de recherche doctorale de la Société canadienne de la SLA, qui offre 25 000 dollars par année sur trois ans à de jeunes chercheurs pour leur permettre de poursuivre un doctorat dans un laboratoire canadien.

Depuis combien de temps étudiez-vous la SLA?

J’étudie la SLA depuis 2011, époque à laquelle j’ai rejoint le laboratoire en tant qu’étudiant de premier cycle. Par la suite, j’ai commencé mon master et mon doctorat dans le même laboratoire.

Y a-t-il eu quelque chose en particulier qui vous a incité à étudier la SLA?

Au début, lorsque j’ai rejoint le laboratoire en tant qu’étudiant de premier cycle, j’étais surtout curieux. Je trouvais que la SLA était une maladie intéressante. Mais plus je me suis intéressé à cette maladie et plus j’ai assisté à des réunions telles que le Forum de la recherche sur la SLA, plus j’ai pris conscience de l’importance d’étudier cette maladie, parce que c’est une maladie dévastatrice dont il n’existe encore aucun remède. Je vois vraiment comment la recherche peut aider et être très bénéfique pour les patients. C’est ce qui m’a poussé à continuer dans ce domaine particulier.

Pouvez-vous nous parler un peu des recherches sur lesquelles vous travaillez actuellement?

Actuellement, nous travaillons sur la connexion entre les motoneurones et les cellules musculaires. C’est cette connexion qui permet aux neurones de contracter les muscles et à une personne de bouger. Nous observons des changements très précoces, une déconnexion. L’environnement autour de la connexion est en fait altéré de manière très néfaste, ce qui pourrait être toxique pour la connexion et entraîner sa perte. Nous étudions donc ces mécanismes précoces et observons comment certains types de cellules contribuent à créer cet environnement toxique qui conduit à la perte de cette connexion et qui a un impact direct sur les symptômes.

Selon vous, quel sera l’impact de ce type de recherche pour les personnes touchées par la SLA?

Je pense que cette recherche pourrait avoir un impact considérable, puisque tout en étudiant comment l’environnement neuronal devient toxique, nous espérons pouvoir identifier de nouvelles cibles pour des médicaments qui pourraient contribuer à rendre l’environnement plus sain autour de la connexion et à le préserver plus longtemps. Et cela pourrait avoir un impact direct, encore une fois, sur les patients atteints de SLA, parce que c’est la perte de cette connexion qui est à l’origine de la plupart des symptômes moteurs. Donc nous pensons que cela pourrait vraiment être bénéfique pour les patients.

Si une personne atteinte de SLA vous demandait où en est la recherche et dans combien de temps nous pourrons disposer de traitements, que lui répondriez-vous?

Je pense que des traitements très prometteurs se profilent à l’horizon. Ils ne sont pas encore approuvés et il reste encore beaucoup de recherches à faire, mais certaines études sont vraiment prometteuses. En laboratoire, nous collaborons avec Cytokinetics pour leur essai clinique, un médicament qui cible les muscles. Même s’il ne permet pas de retarder directement la pathologie, il pourrait compenser certains symptômes et, là encore, être très bénéfique pour les patients. Je pense donc qu’il y a vraiment beaucoup d’espoir et que la communauté est très dynamique ces derniers temps; les choses s’annoncent bien.

Que diriez-vous à un donateur qui a fait un don à notre organisation ou qui envisage de le faire, et quelle différence cela pourrait-il faire dans ce domaine?

Je peux dire, tant personnellement que d’après ce que j’ai pu observer chez d’autres collègues, que cela pourrait être très bénéfique. Le programme de financement de la Société canadienne de la SLA est vraiment exceptionnel dans le sens où il ne se contente pas de donner de l’argent. Il essaie vraiment de tirer le meilleur parti de chaque dollar pour avoir le plus d’impact possible. Et il finance certains projets à haut risque pendant une courte période afin d’aider les gens à obtenir des résultats qui pourraient ensuite leur permettre d’obtenir des fonds plus importants provenant d’autres sources plus générales, telles que les Instituts de recherche en santé du Canada.

Donc, si je prends l’exemple de notre laboratoire, nous avons demandé il y a quelques années une subvention à la Société canadienne de la SLA et nous avons obtenu ce financement. Il s’agissait d’une subvention à court terme, d’un an, mais elle nous a permis d’obtenir des résultats qui nous ont ensuite servi à demander et à obtenir un financement beaucoup plus important auprès d’une source générale, qui était les Instituts de recherche en santé du Canada.

Le programme de la Société canadienne de la SLA vise vraiment à aider les gens à obtenir des résultats, puis à attirer d’autres financements provenant d’organismes plus importants. Il a un effet exponentiel. En ce sens, je pense que chaque dollar donné par les donateurs peut avoir un impact considérable sur la recherche sur la SLA.

 

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