Myriam Gagné ne s’attendait pas à travailler dans le domaine de la recherche sur la SLA. Mais la première fois qu’elle a mis les pieds dans le laboratoire de Dre Christine Vande Velde à l’Université de Montréal, ce fut le coup de foudre. L’étude de la SLA lui permettrait de combiner la biologie cellulaire, la biochimie et la neuroscience, à savoir ses principaux domaines d’intérêt académiques. Elle est entrée au service du laboratoire en 2016.
Un an plus tard, lorsqu’elle était étudiante en maîtrise, Mme Gagné a travaillé sur un projet qui impliquait l’étude d’un processus biologique qui était potentiellement lié à l’une des causes génétiques de la SLA : la protéine anormale SOD1 perturbe-t-elle le renouvellement des générateurs d’énergie à l’intérieur des cellules, à savoir les mitochondries? Les résultats n’étaient pas concluants, ce qui était décevant.
« Ce fut la première fois dans ma carrière scientifique que je faisais face à l’adversité, a dit Mme Gagné. Dre Vande Velde m’a rassuré que, dans le domaine de la science, il arrive parfois que les résultats soient négatifs, même avec des hypothèses valables, mais l’apprentissage qu’on en tire est toujours précieux. Cette expérience m’a donné un sentiment d’urgence et m’a permis de mieux comprendre la SLA en tant que domaine de recherche. » Les résultats négatifs sont tout aussi importants que les résultats positifs, notamment dans le domaine de la recherche sur la SLA.
Dre Vande Velde a offert à Mme Gagné l’occasion de travailler sur un autre projet financé par SLA Canada, qui lui avait été attribué en 2018. Le projet implique l’étude du comportement d’une protéine nouvellement découverte appelée hnRNP A1B.
Grâce à une bourse de 75 000 $ du programme de bourses pour stagiaires de la Société canadienne de la SLA, en partenariat avec La Fondation Vincent Borque et la fondation Brain Canada, il est possible de payer, en partie, le salaire de Mme Gagné pour qu’elle puisse travailler sur ce projet.
À la recherche d’une fonction
Puisque le nom réel de cette protéine – ribonucléoprotéine nucléaire hétérogène A1B (hnRNP A1B) – est plutôt long, Mme Gagné et ses collègues de laboratoire l’appellent « A1B » pour faire court. Il s’agit d’une protéine « cousine » du TDP-43, à savoir une protéine qui se comporte de manière anormale dans presque tous les cas de la SLA, en quittant le noyau des neurones moteurs et en s’amassant dans le cytoplasme.
Dre Vande Velde et son équipe ont découvert que A1B pourrait également être impliquée dans les processus de la SLA. Ils ont constaté que les personnes atteintes de la SLA ont plus de protéines A1B dans leurs neurones moteurs et que ces protéines ont tendance à s’amasser dans le cytoplasme lorsque la protéine TDP-43 se comporte de la même façon.
Mme Gagné a soigneusement planifié des études cellulaires et murines pour savoir comment le comportement de ces deux protéines pourrait être lié à la SLA. Elle tentera d’identifier la protéine A1B dans les cellules normales et les cellules de la SLA pour déterminer où la protéine A1B se situe dans le système nerveux central et si son taux augmente avec l’âge. Enfin, Mme Gagné ira à la recherche de la fonction de la protéine A1B en travaillant en étroite collaboration avec Dre Marlene Oeffinger, experte dans la façon dont les protéines interagissent les unes avec les autres, de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM).
Si Mme Gagné découvre de nouvelles pistes sur le comportement et la fonction des A1B ainsi que sur le lien qu’elles ont avec les TDP-43 anormales de la SLA, elle cherchera à identifier les mêmes liens dans les échantillons de la moelle épinière de personnes atteintes de la SLA. Dre Janice Robertson de l’Université de Toronto fournira les échantillons de tissus humains, donnés généreusement par des personnes atteintes de la SLA.
Désireuse de faire progresser la recherche sur la SLA
Mme Gagné espère que le fait de mieux comprendre le rôle des A1B dans la SLA permettra de mieux comprendre les processus de la SLA et d’identifier des cibles potentielles pour le développement de nouvelles thérapies à l’avenir. Le fait de mesurer le niveau des A1B pourrait également représenter une façon d’identifier le comportement des protéines TDP-43 anormales, ce qui en ferait un biomarqueur utile pour surveiller l’apparition de la SLA et sa progression chez les humains.
Elle espère un jour avoir son propre laboratoire. « Je comprends l’importance de trouver des réponses pour les personnes vivant avec la SLA et leurs familles », a déclaré Mme Gagné.
