Il y a dix ans, le Canada était en retard dans l’étude des personnes atteintes de SLA.
La manière la plus efficace et la plus significative d’étudier la complexité et la variabilité de la SLA est de mener des études observationnelles qui recueillent des informations et des échantillons auprès de personnes atteintes de SLA. La SLA est connue pour son hétérogénéité, ce qui signifie qu’elle varie considérablement d’une personne à l’autre en termes de symptômes, de progression et, éventuellement, de biologie sous-jacente. Il est donc difficile de déterminer les causes exactes de la SLA et de trouver des traitements efficaces. Cependant, grâce à ces études, les chercheurs comprennent mieux les divers facteurs génétiques, environnementaux et moléculaires qui peuvent contribuer à la SLA et obtiennent des informations utiles pour trouver de nouveaux traitements.
Il y a dix ans, aux États-Unis, des études observationnelles telles que Answer ALS et le programme ALS TDI’s Precision Medicine Program (PMP), maintenant connu sous le nom d’ALS Research Collaborative (ARC), recrutaient des participants et prenaient de l’ampleur, avec le potentiel de fournir des informations cruciales pour la recherche. Malgré les efforts de sensibilisation déployés par la Société canadienne de la SLA pour impliquer les sites cliniques canadiens, il n’a pas été possible d’obtenir la participation du Canada à ces études.
Il était donc urgent de rassembler la communauté canadienne de la recherche et des cliniciens afin de créer des occasions pour les personnes atteintes de SLA de participer à des recherches observationnelles dans leur pays. Cependant, par rapport aux États-Unis, le Canada était confronté à des contraintes importantes en matière de financement et de capacités de recherche sur la SLA, ce qui limitait l’ampleur et la portée de ces efforts.
Mais le Canada avait déjà commencé à établir les bases d’un projet de taille. Depuis plus de 30 ans, le Programme de recherche de la Société canadienne de la SLA soutient les chercheurs canadiens par le biais de subventions de base, en investissant dans des idées naissantes et en créant un élan pour des initiatives plus importantes. Ces investissements initiaux jetaient souvent les bases d’un financement complémentaire, permettant ainsi à des projets prometteurs de prendre de l’ampleur et de se transformer en efforts de recherche à long terme ayant un impact significatif. Parmi les chercheurs soutenus figurait le Dr Sanjay Kalra, de University of Alberta, un expert en imagerie mondialement reconnu. Ses premiers travaux se sont concentrés sur l’exploration de la neuro–imagerie comme biomarqueur potentiel de la SLA et sur la découverte des informations que l’imagerie avancée pouvait apporter sur la maladie. Vous pouvez en savoir plus sur le sujet dans notre édition Au cœur de la science.
Puis, en 2014, la communauté SLA a eu l’immense chance de recevoir des dons provenant du « Ice Bucket Challenge ». Ces fonds ont permis à la Société canadienne de la SLA, en partenariat avec la Fondation Brain Canada, de soutenir le Consortium canadien de neuro–imagerie de la SLA (CALNISC), une équipe multidisciplinaire d’experts provenant de plusieurs centres universitaires, dirigée par le Dr Kalra. Ce financement était essentiel pour permettre au réseau de lancer une étude observationnelle canadienne (CALSNIC-1) visant à recueillir des données démographiques, cliniques, neuropsychologiques et d’imagerie auprès de personnes atteintes de SLA, dans le but de découvrir des biomarqueurs basés sur l’IRM qui pourraient accélérer le diagnostic, améliorer notre compréhension de la biologie de la maladie et enrichir les connaissances sur les essais cliniques.
En 2025, le CALSNIC comprend deux études majeures regroupant plus de 200 participants atteints de SLA et 150 témoins en bonne santé. C’est l’une des rares initiatives multi-sites et longitudinales de neuro–imagerie dans la recherche sur la SLA à l’échelle mondiale. Le projet a déjà donné lieu à de nombreuses publications, offrant des informations précieuses à l’effort mondial visant à comprendre et à traiter la maladie.



