Conseil et tests génétiques

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La Société canadienne de la SLA s’est engagée à faire progresser et à faciliter les pratiques en matière de tests génétiques partout au Canada. Nous militons en compagnie des cliniciens à l’échelle nationale, en collaboration avec le réseau CALS pour une plus grande couverture et un meilleur accès aux services de conseil et aux tests. Nous invitons toutes les personnes qui le souhaitent à partager leurs expériences, positives ou négatives, concernant l’accès au conseil et aux tests génétiques. L’information permettant de mieux comprendre les obstacles au conseil et aux tests génétiques peut aider à orienter l’approche de la Société canadienne de la SLA en matière de défense des droits.

Veuillez nous envoyer un courriel à research@als.ca.

Ce sera toujours à vous de décider de passer des tests ou non. Il est important de noter qu’il existe de nombreuses variantes dans les gènes connus de la SLA qui n’ont pas fait l’objet de suffisamment de recherches pour que l’on puisse comprendre pleinement leur influence. Certains médecins peuvent hésiter à demander des tests génétiques parce qu’ils se sentent mal à l’aise de ne pas pouvoir apporter un soutien complet à leurs patients qui tentent de comprendre un résultat compliqué.  Il est largement recommandé d’associer les tests à un processus de conseil approprié.

Étant donné que des variantes génétiques associées à la SLA ont été identifiées dans des cas sans antécédents familiaux identifiables de SLA (cas apparemment « sporadiques ») et que des thérapies ciblant ces variantes font l’objet d’essais cliniques ou sont en cours, de nombreux experts sont favorables à l’idée de proposer des tests génétiques à toute personne ayant reçu un diagnostic de SLA, à condition qu’ils soient accompagnés d’un conseil génétique approprié. La disponibilité du conseil et des tests génétiques varie d’une province à l’autre. Les pratiques en matière de tests génétiques pour la SLA évoluent rapidement, mais elles ne suffisent pas à répondre aux besoins de tous.

Les tests génétiques effectués sur une personne qui risque de développer une maladie (dont les antécédents familiaux sont connus), mais qui ne présente actuellement aucun symptôme, sont appelés tests prédictifs.

Par consensus, les tests génétiques prédictifs de la SLA ne sont pas recommandés pour les enfants de moins de 18 ans, car ils ne peuvent pas donner leur plein consentement. Il est également très rare que la SLA se développe pendant l’enfance, bien que l’on sache que les variantes du gène FUS entraînent une apparition plus précoce de la maladie, ce qui pourrait donner lieu à des exceptions en matière de tests prédictifs pendant l’enfance. Dans de rares cas, d’autres variantes se manifestent également de manière précoce. Il est recommandé de parler à un conseiller génétique de votre risque familial.

Fondation Les Turner ALS - SLA et conseil génétique et tests pour les membres de la famille

Une ressource complète contenant davantage d'informations sur le conseil et le dépistage, notamment l'outil My ALS Decision Tool™️ : un guide interactif en ligne qui vous accompagne tout au long du processus de conseil génétique, du dépistage génétique prédictif, des avantages et des inconvénients du dépistage génétique prédictif, et vous aide à prendre une décision éclairée.

Webinaire de la Société canadienne de la SLA : SLA et génétique

Notre webinaire fournit des informations de base sur la génétique et les tests, y compris les tests prédictifs.

Lignes directrices consensuelles fondées sur des données probantes pour les tests et le conseil génétiques relatifs à la SLA

Un consortium d'experts américains a publié les premières lignes directrices sur les tests et le conseil génétiques, qui ont fait l'objet d'une évaluation par les pairs.

L'importance de proposer des tests génétiques précoces à toute personne atteinte de sclérose latérale amyotrophique

Il s'agit d'un article d'opinion rédigé par des leaders mondiaux de la SLA sur l'évolution des pratiques en matière de tests génétiques.

International Alliance of ALS/MND Associations – Page sur le conseil et les tests génétiques

Il s'agit d'une excellente ressource sur le conseil et les tests génétiques.

Réflexions sur les tests génétiques prédictifs

Les décisions concernant les tests génétiques peuvent toujours changer, et une personne peut reconsidérer sa décision après une discussion plus approfondie et au fur et à mesure que la recherche sur la SLA progresse. De nombreuses personnes choisiront de passer des tests avant de prendre une décision importante dans leur vie (p. ex. se marier ou avoir des enfants), ou encore, avant de décider de participer à des recherches et à des essais cliniques.

Lorsque vous décidez de passer des tests, il peut être utile de réfléchir aux raisons énumérées ci-dessous avec votre famille, votre conseiller génétique et votre médecin de première ligne.

  • Réduire l’anxiété liée à la probabilité de développer la SLA. 
  • Avoir le temps d’accepter et de digérer les résultats, qu’ils soient positifs ou négatifs. 
  • Faciliter un diagnostic plus précoce si des symptômes se manifestent. 
    • Un diagnostic précoce de SLA peut être déterminant pour la prise en charge des symptômes et l’admissibilité aux thérapies et à la participation aux essais cliniques. 
  • Donner aux personnes les moyens de défendre leurs intérêts et ceux de la communauté. 
  • Trouver une communauté, du soutien et des services à un stade plus précoce. 
  • Avoir l’occasion de participer à la recherche et aux futurs essais thérapeutiques. 
    • Participer à la recherche peut être une façon stimulante de faire face à la SLA. Il existe des études d’observation portant sur des personnes présentant une variante connue de la SLA, mais ne présentant pas de symptômes. Ces études sont très importantes pour mieux comprendre la progression de la SLA. 
    • En outre, on assiste à l’émergence d’une recherche interventionnelle avec des thérapies potentielles pour les personnes présymptomatiques. 
  • Réfléchir aux décisions de vie ainsi que comprendre et atténuer les facteurs de risque. 
    • Cela peut s’avérer important lorsque les personnes réfléchissent à leur carrière, à leur assurance-maladie, à leur planification financière et à leur mode de vie. 
  • Songer à avoir des enfants et planifier la famille. 
  • Apprendre les résultats de tests génétiques de la SLA peut être un moment très difficile. 
    • Certaines personnes peuvent ne pas se trouver au bon stade de leur vie pour affronter les résultats, en particulier si elles n’ont pas accès à des conseillers ou à une aide professionnelle. 
  • Cela peut provoquer des tensions avec d’autres membres de la famille qui ne veulent pas connaître les résultats des tests. 
  • Le statut génétique pourrait accidentellement révéler le statut d’un autre membre de la famille (p. ex. la personne veut passer des tests, mais son parent ne le veut pas, dans le cas de jumeaux, etc.). 
  • Les personnes qui ont des enfants biologiques peuvent ressentir de l’anxiété liée à la transmission potentielle de SLA. 
  • Culpabilité potentielle liée à un test négatif si d’autres membres de la famille ont un test positif. 
  • Des résultats positifs peuvent signifier qu’il faut repenser et modifier le mode de vie, la carrière et les choix en matière d’assurance. 

Nous encourageons toutes les familles et les personnes touchées par une forme génétique de la SLA à se tenir au courant des avancées de la recherche et des nouvelles concernant les thérapies à venir dans le cadre d’essais cliniques, car il s’agit d’un domaine qui progresse rapidement. 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter notre fiche de renseignements sur les tests génétiques, qui vous permettra de déterminer si un test génétique est la bonne décision pour vous. 

Assurance et droits légaux au Canada

À titre de membre de la Coalition canadienne pour l’équité génétique (CCEG), la Société canadienne de la SLA exerce activement des pressions auprès du gouvernement afin qu’il adopte le projet de loi S-201, qui vise à interdire et à prévenir la discrimination génétique. En mai 2017, ce projet de loi a reçu la sanction royale et a été adopté. 

La loi s’applique à tout le monde au Canada, y compris aux employeurs et aux compagnies d’assurance (des exceptions peuvent être faites pour les professionnels de la santé et les chercheurs). En résumé, la loi : 

  1. Interdit les tests génétiques obligatoires. 
  1. Interdit à une personne ou à une institution d’exiger d’autres personnes qu’elles divulguent les résultats d’un test génétique. 
  1. Interdit la collecte, l’utilisation ou la divulgation des résultats des tests génétiques sans le consentement écrit de la personne concernée. 

Toutefois, il est important de noter que les antécédents familiaux peuvent toujours être pris en compte par les assureurs lors du calcul des tarifs et de l’évaluation des risques. Veuillez vous référer au projet de loi intégral et aux ressources ci-dessous pour en savoir plus. 

Conséquences de la Loi sur la non-discrimination génétique pour les soins de santé Protection de l'information génétique des Canadiens

I AM ALS – Loi sur la non-discrimination génétique du Canada : aperçu et perspective

Ce webinaire organisé par I AM ALS fournit de plus amples informations sur la Loi sur la non-discrimination génétique du Canada, notamment sur son incidence dans le domaine de la recherche et des soins cliniques.

Que sont les variantes de signification incertaine (VSI) et pourquoi sont-elles importantes?

Parfois, le résultat d’un test génétique montre une modification du code (appelée variante) d’un gène que nous savons lié à la SLA, mais le lien entre cette modification et la SLA n’est pas encore clair. C’est ce que l’on appelle une variante de signification incertaine (VSI).  À titre d’exemple, le gène NEK1 est connu comme étant un gène de la SLA, mais il existe des changements dans le code NEK1 dont personne ne peut dire avec certitude qu’ils causent ou influencent le développement de la maladie. 

Parfois, la difficulté d’expliquer à une personne l’existence d’une VSI, ainsi que les réactions négatives et l’impact qu’elle peut susciter, peuvent être des facteurs qui font hésiter un clinicien à recommander un test génétique. C’est également la raison pour laquelle le conseil avant et après le test est fortement recommandé. Souvent, une VSI ne modifie pas la prise en charge clinique, et il n’est pas recommandé d’effectuer des tests prédictifs sur les membres de la famille. Parfois, le clinicien peut recommander un suivi pour tenter de clarifier la signification de la VSI, par exemple en testant un autre membre de la famille atteint de SLA (le cas échéant). 

Si une personne possède une VSI identifiée dans un gène connu de la SLA, il est important de noter que le milieu de la recherche sur la SLA ne dispose pas de données probantes suffisantes pour affirmer qu’elle est à l’origine de la maladie ou qu’elle augmente le risque de la développer. Les données probantes de la recherche sont régulièrement examinées par les plus grands experts du milieu. Des recherches sont également menées en permanence pour mieux comprendre la génétique de la SLA et faciliter la classification des variantes génétiques. Un groupe d’experts a même lancé un programme permettant aux cliniciens des États-Unis et du Canada d’obtenir une évaluation de toute VSI identifiée chez leurs patients. 

Il existe des ressources qui sont fréquemment mises à jour avec les plus récentes données probantes sur la génétique, notamment en ce qui concerne le moment où une VSI peut changer de statut pour devenir ce que l’on appelle une variante pathogène ou probablement pathogène, ce qui indique qu’elle est susceptible de causer ou d’influencer l’apparition de la SLA. 

Il est toujours recommandé de demander l’aide d’un médecin, d’un conseiller génétique ou d’écrire à research@als.ca. 

Certaines de ces bases de données figurent sur cette page dans la section « Ressources supplémentaires ». 

Accès aux tests génétiques au Canada

Comment puis-je passer un test génétique au Canada? 

L’accès aux tests génétiques de la SLA dépend de l’existence d’antécédents familiaux connus ou de l’apparition de symptômes de la SLA. 

  • Si vous avez reçu un diagnostic de SLA ou avez été orienté vers une clinique du CALS (Réseau canadien de la recherche sur la SLA) et que vous souhaitez accéder à des tests, veuillez vous adresser à votre neurologue ou à votre clinique SLA pour en savoir plus, car les conditions varient d’une clinique à l’autre et d’une province à l’autre. La plupart des cliniques du CALS proposent des tests génétiques aux personnes ayant des antécédents familiaux connus. Étant donné que des variantes de certains gènes de la SLA ont été observées chez des personnes sans antécédents familiaux identifiables, de nombreuses cliniques testeront toute personne ayant reçu un diagnostic de SLA à la recherche de changements dans les gènes qui pourraient lui permettre de suivre un traitement ou de participer à un essai clinique. Si vous n’avez pas d’antécédents familiaux, mais que vous êtes intéressé par un test génétique, veuillez consulter votre neurologue ou votre spécialiste de la SLA pour connaître les options possibles. 
  • Si vous avez des antécédents familiaux de SLA et que vous présentez des symptômes qui pourraient être liés à la SLA, ReferALS est un outil qui peut être fourni à votre médecin pour l’aider à reconnaître les premiers symptômes de la SLA et l’encourager à vous référer à un neurologue ou à une clinique spécialisée dans la SLA si nécessaire. 
  • Les tests génétiques effectués sur une personne qui risque de développer une maladie, mais qui ne présente actuellement aucun symptôme, sont appelés tests prédictifs et nécessitent souvent un conseil génétique approfondi. Actuellement, seules certaines cliniques SLA proposent des tests prédictifs aux membres de la famille à risque et asymptomatiques d’une personne atteinte de SLA dont la variante génétique a été confirmée. 
  • Veuillez contacter la clinique SLA responsable des soins prodigués à votre proche pour discuter des options de test. Vous pouvez également demander à votre médecin de famille de vous orienter vers la génétique médicale et le conseil génétique si vous n’avez pas accès à la clinique de la SLA de votre famille. 
  • Si ces options ne sont pas disponibles, la Société canadienne de la SLA peut être en mesure de faciliter les choses par l’intermédiaire de research@als.ca. 

La grande majorité (plus de 75 %) des cas de SLA ne sont pas liés à une variante génétique connue, ce qui signifie que la maladie n’est pas transmise de parent à enfant. Par conséquent, s’il n’y a pas d’antécédents familiaux connus (c’est-à-dire si plusieurs parents sont porteurs de la forme génétique de la SLA) et qu’il s’agit d’un cas isolé dans la famille, la probabilité que d’autres membres de la famille soient atteints de SLA est similaire à celle de la population générale. Certaines personnes peuvent demander un test génétique pour confirmation, mais si vous ne présentez pas de symptômes, l’accès et le conseil approprié peuvent être difficiles à obtenir sans la confirmation d’antécédents familiaux. 

ReferALS, un outil conçu pour permettre aux neurologues de la communauté de reconnaître les symptômes de la SLA, énumère les caractéristiques cliniques et les symptômes les plus courants de la SLA. Vous pouvez lire sur les symptômes et enregistrer l’outil. Si vous ou d’autres membres de votre famille commencez à présenter les symptômes décrits dans l’outil, vous pouvez en parler à votre médecin de famille afin qu’il vous oriente rapidement vers un neurologue, voire directement vers une clinique SLA. 

Conseil génétique

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Les tests génétiques devraient toujours être accompagnés d’un conseil génétique. Dans la mesure du possible, une consultation avant et après le test est idéale. La génétique de la SLA est complexe et notre compréhension évolue constamment. Un conseil génétique approprié avant et après un test génétique peut aider une personne à prendre la meilleure décision pour elle-même et sa famille et à mieux comprendre ce que l’information peut signifier pour elle aujourd’hui ou à l’avenir. 

Même si une personne ne souhaite pas passer le test à ce moment-là, elle peut toujours rencontrer un conseiller génétique. Le conseiller génétique peut offrir des ressources et une initiation à la génétique, et discuter de vos antécédents familiaux et des risques associés. Il peut également vous guider dans la mise en place d’un plan de tests potentiels, ainsi que d’autres solutions telles que la constitution d’une banque d’ADN. 

Prochaine section : Occasions de recherche