Une bourse de 75 000 $ a été attribué à Liane Phung, doctorante co-supervisée par le Dr Agessandro Abrahao et le Dr Lorne Zinman au Sunnybrook Research Institute.

Dans le réseau complexe du cerveau et de la moelle épinière, les neurones communiquent entre eux par l’intermédiaire de substances chimiques spécialisées appelées neurotransmetteurs. Lorsque ce réseau de signalisation fonctionne correctement, un équilibre délicat est maintenu entre les substances chimiques excitatrices et inhibitrices. La SLA se caractérise par une surexcitation (ou hyperexcitabilité) des motoneurones dans le cerveau, dont l’apparition est soupçonnée avant même l’apparition des symptômes. Ce changement ce produit au niveau cellulaire et n’est pas perceptible par les personnes qui en souffrent, mais les chercheurs ont trouvé des preuves d’hyperexcitabilité dans les renseignements électriques du cerveau et dans les marqueurs du liquide céphalo-rachidien des personnes atteintes de SLA. La relation entre l’hyperexcitabilité et les symptômes cliniques n’est cependant pas claire.

Grâce à cette bourse, Liane explorera le lien entre l’hyperexcitabilité dans la SLA et divers paramètres cliniques et de neuro-imagerie, en plus d’un biomarqueur basé sur les fluides. Les circuits d’excitabilité du cerveau seront évalués à l’aide de la stimulation magnétique transcrânienne à suivi de seuil, une technique non invasive qui utilise un champ magnétique pour stimuler les cellules nerveuses. Au cours du premier essai, Liane analysera les données d’un groupe de 100 témoins sains afin d’établir des valeurs « normales » pour divers paramètres de stimulation magnétique transcrânienne à suivi de seuil. Elle évaluera ensuite la fiabilité de ces différentes mesures de stimulation magnétique transcrânienne à suivi de seuil dans un groupe plus restreint de 20 personnes atteintes de SLA sur une période de trois jours. Enfin, elle cherchera à identifier des profils cliniques spécifiques associés à l’hyperexcitabilité en comparant les mesures de stimulation magnétique transcrânienne à suivi de seuil de 30 personnes atteintes de SLA contre des données démographiques, de neuro-imagerie et cliniques (telles que les résultats de l’ALSFRS-R et les niveaux de lumière du neurofilament dans le sang – un biomarqueur de la neurodégénérescence).

Cette recherche pourrait contribuer à valider la stimulation magnétique transcrânienne à suivi de seuil comme méthode de détection de biomarqueurs non invasifs de la SLA, ce qui faciliterait le diagnostic et pourrait conduire à des options de traitement plus personnalisées à l’avenir. Les efforts visant à identifier des profils de maladies spécifiques, ou des sous-groupes, basés sur l’hyperexcitabilité peuvent également contribuer à améliorer la conception des essais cliniques, étant donné que la possibilité de recruter des participants en fonction de sous-types spécifiques de la SLA réduirait l’hétérogénéité et augmenterait donc la probabilité de détecter les effets du traitement.