Lorsqu’une personne est infectée par un virus, cela déclenche une réponse immunitaire qui se traduit généralement par une inflammation. Par exemple, pensez au mal de gorge, à la rougeur et au gonflement qui surviennent lorsque vous souffrez d’une amygdalite. La réponse immunitaire est faite pour débarrasser le corps des agents pathogènes responsables de l’infection, et parfois, nos propres cellules peuvent être abîmées dans le processus. C’est particulièrement vrai pour les maladies auto-immunes qui surviennent lorsque le système immunitaire d’une personne attaque des cellules saines. Normalement, cependant, l’organisme a en place des mécanismes qui régulent la réponse immunitaire afin qu’elle ne devienne pas dangereuse. Fasciné par ce processus, le Dr Matthew Miller, professeur adjoint au département de biochimie et de sciences biomédicales de McMaster University, a entrepris de comprendre ce qui contrôlait la réponse de l’organisme à une infection virale. 

En étudiant un groupe de protéines impliquées dans le contrôle de la réponse immunitaire au niveau de l’ADN, le Dr Miller a fait une découverte intéressante. Son travail a permis d’identifier une fonction auparavant inconnue d’une protéine appelée sénataxine dans la régulation de la réponse immunitaire. Il était clair que la sénataxine était présente dans les cellules pour « garantir que notre corps ne réagisse pas de manière inappropriée à une infection en déclenchant une réponse si extrême qu’elle pourrait être dangereuse pour nous ». Des mutations de la sénataxine ont été associées au développement de la SLA chez les personnes âgées de moins de 25 ans (appelée l’apparition juvénile de la SLA) et la découverte du Dr Miller suggère que l’infection et l’inflammation pourraient jouer un rôle important dans la SLA. 

Les résultats de son étude mettent en évidence un paradigme intéressant que, selon le Dr Miller, peu de chercheurs ont remarqué ou commenté jusqu’à présent. 

« Un grand nombre des gènes associés aux maladies neurologiques ou neurodégénératives jouent un rôle important dans la régulation de la réponse immunitaire », explique-t-il. Le Dr Miller a reconnu que son expertise en immunologie virale lui a permis d’aborder de manière unique le problème de déterminer comment l’inflammation résultant d’infections virales peut influencer les maladies neurodégénératives telles que la SLA. 

Selon le Dr Miller, les infections virales peuvent influencer le développement ou la progression de la SLA de deux manières principales. La première consiste à déclencher une réponse immunitaire. Chez les personnes génétiquement prédisposées à la SLA, le déclenchement d’une réponse immunitaire peut entraîner une cascade neuroinflammatoire qui pourrait accélérer l’apparition ou la progression de la maladie. Cela ne signifie pas que les infections virales causent la SLA, mais plutôt que les personnes qui étaient de toute façon susceptibles de développer la SLA à cause d’un lien génétique peuvent présenter des symptômes plus tôt, ou connaître une progression plus rapide, ou les deux. L’inflammation du cerveau est particulièrement dangereuse parce que, contrairement aux cellules du bras, par exemple, qui se divisent pour remplacer celles qui meurent, « les neurones ne se divisent généralement pas beaucoup, ou pas du tout. Si les neurones du cerveau sont abîmés, il est très difficile de les remplacer et les effets peuvent être très durables. » La deuxième voie consiste en une infection directe des cellules par des virus, qui aggravent les voies biologiques déjà problématiques dans les cellules des personnes atteintes de SLA. 

Les progrès récents dans ce domaine ont permis d’identifier bon nombre de ces voies biologiques susceptibles de ne pas fonctionner correctement chez les personnes atteintes de SLA. Cependant, on ne sait pas encore quelles sont les voies qui contribuent le plus à la maladie. Une façon de répondre à cette question consiste à utiliser des virus comme outil pour étudier la maladie. 

Selon le Dr Miller, « les virus ne visent généralement que certaines voies biologiques, ce qui peut fournir de nombreuses informations sur les voies particulièrement importantes dans le développement de la SLA ». La stratégie d’utilisation des virus pour mieux comprendre les mécanismes de la maladie a été utilisée dans plusieurs autres cas, notamment dans le domaine du cancer, et aide les chercheurs à « comprendre les problèmes particuliers à traiter afin de trouver de nouveaux traitements ». 

Lorsqu’on lui a demandé quelles étaient les prochaines étapes de ses recherches, le Dr Miller a expliqué qu’il a « des preuves expérimentales qui suggèrent fortement que l’infection virale peut aggraver la maladie » et qu’il essaie maintenant de comprendre comment et par quels mécanismes. Le Dr Miller souhaite savoir si c’est l’inflammation déclenchée par l’infection virale ou l’infection même qui fait aggraver la maladie. Il estime qu’en répondant à cette question, « de nouvelles stratégies thérapeutiques pourront être développées pour bloquer soit la réplication virale même ou la réponse immunitaire, afin de voir si cela a un effet thérapeutique dans le traitement de la SLA ». 

Le Dr Miller considère que le soutien des donateurs joue un rôle déterminant dans la recherche scientifique, soulignant qu’il peut représenter une alternative importante à d’autres sources de financement comme le gouvernement. « Lorsqu’une organisation telle que la Société canadienne de la SLA est en mesure de soutenir la recherche dans un domaine particulier, les progrès réalisés s’en trouvent considérablement accélérés. » 

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