Recherche sur les ICM dans la SLA
Aide à la communication dans la SLA
Depuis les années 2000, les chercheurs ont fait des progrès significatifs dans l’utilisation d’une interface cerveau-machine pour faciliter la communication. Le Dr Nick Ramsey, du University Medical Center Utrecht, travaille avec la technologie ICM depuis 2005. Dans une étude menée en 2016 par le Dr Ramsey et son équipe, un participant atteint de SLA utilisant une ICM a pu taper des mots en sélectionnant des lettres à l’écran, à raison de deux lettres par minute. À l’époque, l’ICM n’associait pas les signatures électriques à des mots, mais permettait plutôt au participant de sélectionner des commandes sur une tablette, dans le but de rétablir la communication de cette manière. Vous trouverez ici la présentation du Dr Ramsey lors du Forum virtuel de la recherche de la Société canadienne de la SLA en 2018.
D’autres études actuelles sur les ICM travaillent également à l’aide à la communication par la saisie au clavier. Une avancée prometteuse dans le domaine de la facilitation de la parole a toutefois été récemment réalisée par BrainGate, un consortium de recherche qui étudie depuis près de 20 ans la technologie ICM dans le cadre de la SLA.
Leur récente étude menée à University of California, Davis, a examiné l’utilisation d’une ICM pour faciliter la communication d’un homme de 45 ans atteint de SLA. Dans cette étude, le participant ne pouvait plus parler cinq ans après l’apparition de la maladie, mais en implantant l’ICM dans une zone du cerveau responsable de la production de la parole, les chercheurs ont pu décoder directement les signaux cérébraux du participant lorsqu’il essayait de former des mots, sans avoir besoin de taper au clavier. Ces mots décodés étaient affichés sur un écran d’ordinateur et vocalisés grâce à un système de synthèse vocale.
Au fil des ans, les principaux défis liés aux ICM ont été le niveau élevé de formation requis et les limites en matière de précision et de vitesse. Les résultats de cette étude se sont également révélés prometteurs pour remédier à ces limitations : le processus d’étalonnage, qui consiste à enregistrer les signaux cérébraux pendant que le participant tente de parler, n’a pris que 30 minutes. De plus, lors du premier jour de test, soit vingt-cinq jours après l’opération, la technologie a atteint une précision de 99,6 % dans la traduction de son activité cérébrale en texte, bien que le vocabulaire était limité à 50 mots. Au cours des 8,4 mois suivants, le système a maintenu une précision de 97,5 %, permettant au participant d’engager des conversations à une vitesse de 32 mots par minute, avec un vocabulaire de 125 000 mots. Cliquez ici pour regarder une vidéo du participant communiquant avec sa famille.
Lors du Symposium international annuel sur la SLA/MMN 2024, le prix Sean M. Healey International Prize for Innovation in ALS a été décerné au Dr Leigh Hochberg et à l’équipe du BrainGate Consortium.