*La plupart des cas de SLA se caractérisent par une perturbation du fonctionnement normal d’une protéine appelée TDP-43. Cette protéine se trouve principalement dans le noyau cellulaire, où elle contribue à réguler des processus cellulaires essentiels. Dans le cas de la SLA, elle se retrouve toutefois emprisonnée à l’extérieur, dans le cytoplasme, où elle forme des agrégats. Selon certaines théories, ces agrégats, ainsi que la perte de la fonction cellulaire de la TDP-43, contribueraient à abîmer les motoneurones et à provoquer leur mort. C’est pourquoi les traitements visant à empêcher la TDP-43 d’être emprisonnée à l’extérieur du noyau ou à éliminer ces agrégats pourraient constituer un moyen de ralentir, voire d’arrêter, la progression de la SLA.
Les chercheurs continuent d’étudier si les statines, des médicaments couramment utilisés pour réduire le taux de cholestérol, pourraient avoir des effets bénéfiques au-delà de la santé cardiaque dans le cas de la SLA. Des études antérieures ont donné des résultats variables, ce qui fait de ce domaine un sujet nécessitant des recherches plus approfondies.
Pourquoi la STMN2 est-elle importante?
L’une des raisons pour lesquelles les statines ont récemment suscité de l’intérêt est leur impact potentiel sur la protéine STMN2, qui aide les motoneurones à se développer, à se maintenir et à réparer leurs connexions. Dans la plupart des cas de SLA, la protéine TDP-43* ne fonctionne pas correctement, ce qui perturbe la production de STMN2 et réduit ses taux. Sans quantité suffisante de STMN2, les neurones peuvent avoir plus de mal à réparer les lésions, ce qui pourrait contribuer à la progression de la maladie.
La protéine STMN2 fait déjà l’objet d’essais cliniques. Le QRL-201 (développé par QurAlis) est actuellement évalué dans le cadre de l’essai ANQUR. Il s’agit d’un oligonucléotide antisens (ASO) destiné à restaurer l’expression de la protéine STMN2 chez les personnes atteintes de SLA. Un essai de phase III est prévu pour 2027.
Quels sont les résultats de cette étude?
Dans cette nouvelle étude menée par des chercheurs de la Harvard Medical School, les statines ont augmenté les niveaux de STMN2 dans les cellules dans lesquelles la fonction de la protéine TDP-43 était altérée. Les chercheurs ont découvert que les statines agissaient sur un processus cellulaire appelé « voie du mévalonate », activant ainsi une réponse de réparation plus large impliquant un gène appelé ATF3. En conséquence, les cellules traitées ont présenté une croissance améliorée des neurites, qui est un indicateur précoce de la réparation nerveuse.
Comment ces résultats correspondent-ils aux recherches antérieures?
Une étude antérieure avait mis en évidence une réduction de 28 % du risque de développer la SLA chez les personnes prenant de la lovastatine, puis révélé que cette substance protégeait les motoneurones et ralentissait la progression de la maladie chez des souris atteintes de SLA. Cependant, le lien entre la prise de statines et les personnes atteintes de SLA est resté globalement moins clair. Des rapports de sécurité antérieurs avaient soulevé des inquiétudes quant à la possibilité que les statines puissent contribuer au risque de SLA ou aggraver la maladie, mais les recherches suivantes n’ont généralement pas confirmé cette association, voire ont montré un effet protecteur.
Plus récemment, une étude menée par des chercheurs canadiens du Sunnybrook Health Sciences Centre a analysé les données de plus de 3 400 participants dans une base de données sur la SLA. Aucune différence significative en termes de survie ou de progression de la maladie n’a été trouvée entre les personnes prenant des statines et celles qui n’en prenaient pas. Ces résultats suggèrent que les statines n’améliorent ni n’aggravent l’évolution de la SLA.
À retenir
Bien que ces recherches en soient encore au stade préliminaire et n’aient pas encore fait l’objet d’une évaluation par les pairs, elles mettent en évidence une nouvelle approche qui pourrait être prometteuse pour stimuler l’expression de STMN2 et soutenir les mécanismes naturels de réparation des motoneurones. Parallèlement, la recherche sur les statines dans le cadre de la SLA reste un domaine complexe et d’autres études seront nécessaires pour déterminer si ces résultats obtenus en laboratoire pourraient bénéficier aux personnes atteintes de SLA à terme.