Bourse de 75 000 $ accordée au Bastien Paré, sous la supervision du Dr François Gros-Louis à l’Université Laval.

La plupart des efforts visant à faire de la SLA une maladie traitable portent sur la mise au point de thérapies pouvant ralentir la progression de la maladie. Il est tout aussi important d’avoir les outils pour poser un diagnostic précoce afin d’être en mesure d’avoir recours à ces thérapies lorsque les pertes de motoneurones ne sont pas déjà importantes. Les chercheurs ont longtemps cherché ce qu’on appelle des biomarqueurs, c’est-à-dire des substances qui peuvent être détectées par imagerie ou dans les fluides corporels (sang, liquide céphalorachidien, etc.) et qui pourraient révéler si une personne souffre de SLA plus rapidement qu’au moyen d’un diagnostic par exclusion. Idéalement, ces tests seront disponibles dès l’apparition des symptômes, voire même, à l’avenir, avant même que les symptômes de la SLA se manifestent.

Depuis des décennies, les cliniciens et les chercheurs de la SLA savent que la peau des personnes souffrant de la maladie présente des caractéristiques uniques. Toutefois, jusqu’à récemment, personne n’avait créé de façon de les étudier efficacement. Au cours des dernières années, le Dr François Gros-Louis a, grâce à l’expertise de collaborateurs à l’Université Laval, mis au point un modèle cutané dérivé de personnes vivant avec la SLA. L’étudiant au doctorat Bastien Paré a reçu une bourse de recherche doctorale de 2016 de la Société canadienne de la SLA afin d’étudier ces modèles pour trouver des biomarqueurs qui pourraient être détectables dès l’apparition des symptômes neurologiques ou même avant leur apparition. Au cours de ses travaux préliminaires, il a déjà découvert d’intrigantes anomalies dans une région nommée matrice extracellulaire, et peut-être encore plus prometteur, des amas de TDP-43, marqueur bien connu de la SLA, dans la peau. De plus, Bastien Paré étudiera la possibilité d’utiliser de la peau issue du génie tissulaire comme modèle pour surveiller l’efficacité des traitements médicamenteux, ce qui donnerait encore plus de valeur au modèle. Ultimement, le potentiel d’utiliser un simple échantillon de peau pour le diagnostic ou pour surveiller des essais cliniques est attrayant et jouerait un rôle important dans la quête visant à faire de la SLA une maladie traitable. Il sera très certainement excitant d’observer le progrès des travaux de Bastien Paré au cours des prochaines années.