300 000 $ ont été accordés au Dr Richard Robitaille de l’Université de Montréal, en collaboration avec la Dre Danielle Arbour et la Dre Roberta Piovesana de l’Université de Montréal et le Dr Robert Bowser de Barrow Neurological Institute.
Les biomarqueurs sont des mesures biologiques qui peuvent être utilisées pour comprendre les processus en temps réel qui se produisent dans le corps. Il est urgent de disposer de biomarqueurs validés pour aider les cliniciens à diagnostiquer la SLA, à suivre la progression de la maladie et à mesurer la réponse aux traitements. Le Dr Robitaille et son équipe pensent que les protéines liées à la jonction neuromusculaire (JNM) pourraient contribuer à répondre à ce besoin.
La JNM est l’endroit où les motoneurones se connectent aux fibres musculaires. Cette jonction permet aux signaux du cerveau de passer aux muscles. Plusieurs chercheurs pensent que l’un des premiers événements de la SLA est la déconnexion des motoneurones des muscles au niveau de la JNM. Lorsque cette déconnexion se produit, des protéines liées à la JNM peuvent être libérées dans la circulation sanguine. Grâce à cette bourse, le Dr Robitaille étudiera si l’une de ces protéines pourrait servir de biomarqueur fiable pour la SLA.
Des études antérieures ont révélé que certains types de muscles sont plus résistants que d’autres à la déconnexion de la JNM. Par exemple, chez les modèles humains et murins de la SLA, les muscles oculaires conservent ces connexions plus longtemps, ce qui explique pourquoi de nombreux dispositifs d’assistance pour la SLA utilisent les mouvements oculaires pour le contrôle. En comparant les types de muscles résistants et vulnérables dans un modèle murin de la SLA, le Dr Robitaille a identifié un ensemble de biomarqueurs candidats reflétant le dysfonctionnement de la JNM.
L’objectif ici est de valider ces protéines candidates en tant que biomarqueurs diagnostiques et/ou prognostiques (progression) en utilisant des échantillons de fluides humains (plasma). En outre, l’équipe étudiera si les biomarqueurs candidats peuvent être utilisés pour suivre la réaction au traitement chez les souris traitées avec une thérapie expérimentale appelée darifénacine. Les travaux précliniques ont montré que le traitement par darifénacine ralentissait la perte de poids, maintenait la fonction motrice et augmentait la durée de vie des souris atteintes de SLA. Par conséquent, le Dr Robitaille a récemment reçu un soutien dans le cadre du Clinical Trials Awards Program (programme de bourses pour les essais clinique) d’ALS Association afin de faire passer darifénacine à un essai clinique chez les humains en 2023.
La validation de ces biomarqueurs potentiels pourrait améliorer la précision du diagnostic, conduire à un diagnostic plus précoce et fournir des marqueurs plus précis de la progression de la SLA. En outre, ce travail pourrait aider à confirmer la cible et la sélectivité du traitement expérimental avec darifénacine, des étapes importantes dans la voie du développement des médicaments.