Les anticorps sont produits par le système immunitaire pour protéger l’organisme contre les envahisseurs étrangers tels que les bactéries et les virus. Ils agissent en se liant à des protéines spécifiques présentes sur les agents nuisibles, ce qui déclenche leur élimination ou leur destruction. Les anticorps sont également couramment utilisés comme outil de recherche, puisqu’ils se lient à des protéines particulières. Cela permet aux chercheurs de voir où se trouve cette protéine dans une cellule et en quelle quantité. Dans la recherche sur la SLA, cela signifie que des anticorps peuvent être conçus pour détecter des protéines propres à la maladie.
Une recherche financée en partie par une bourse d’équipe translationnelle Arthur-J.-Hudson de la Société canadienne de la SLA et de la Fondation Brain Canada, publiée aujourd’hui dans eLife, une revue scientifique en libre accès, démontre à quel point il est essentiel de disposer d’anticorps efficaces dans la recherche sur la SLA.
Dirigée par des chercheurs de l’Institut neurologique de Montréal, l’étude souligne la nécessité d’une meilleure validation des anticorps afin d’obtenir des données fiables. Plus les données sont fiables, plus il est possible de reproduire les résultats et d’accélérer la compréhension des mécanismes de la SLA.
Les chercheurs fabriquent généralement leurs propres anticorps ou les achètent auprès d’un fournisseur pour les utiliser en laboratoire. Cependant, les anticorps offerts sur le marché ne détectent pas toujours la protéine qu’ils sont censés identifier Pour démontrer à quel point les anticorps disponibles sur le marché peuvent être inconstants, l’équipe dirigée par les docteurs Peter McPherson et Carl Laflamme — récipiendaire de la bourse postdoctorale commémorative Ronald-Peter-Griggs 2016 de la Société canadienne de la SLA — a utilisé différents anticorps modifiés pour tester la protéine C9orf72. La C9orf72 est une protéine issue du gène le plus fréquemment muté dans les cas de SLA et de démence frontotemporale (DFT).
Cette méthode de validation a clairement montré quels anticorps pouvaient, ou non, détecter avec précision la protéine C9orf72, soulignant ainsi que la validation des anticorps est essentielle dans la recherche sur la SLA afin de garantir l’utilisation de produits fiables. Des anticorps validés permettent d’obtenir des résultats scientifiques plus précis et plus faciles à reproduire dans le cadre de recherches futures. Ils permettent également d’économiser énormément de temps et d’argent.
L’article et les anticorps validés font également partie de la Plateforme d’anticorps reproductibles anti-SLA (ALS Reproducible Antibody Platform [ALS-RAP]), une initiative collaborative de science ouverte visant à garantir que des anticorps validés et de la plus haute qualité soient mis à la disposition de la communauté scientifique travaillant sur la SLA.
ALS-RAP est un partenariat entre des scientifiques du Structural Genomics Consortium (SGC) et leurs laboratoires affiliés à l’Institut neurologique de Montréal (INM) de l’Université McGill (Canada), à l’Université d’Oxford (Royaume-Uni) et à l’Institut Karolinska (Suède). La plateforme est financée par la MND Association, l’ALS Association et la Société canadienne de la SLA.
Pour en savoir plus sur l’étude, consultez le communiqué intégral publié par le Neuro (l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal).
