- PrimeC associe deux médicaments déjà commercialisés : l’antibiotique ciprofloxacine et l’anti-inflammatoire célécoxib. Ensemble, ils agissent sur trois processus biologiques liés à la SLA : l’inflammation cérébrale, l’activité anormale des microARN (petites molécules d’ARN qui contribuent à réguler le fonctionnement des gènes) et l’accumulation de fer dans les neurones. En ciblant ces processus, NeuroSense estime que PrimeC pourrait réduire l’abîmement des neurones et ralentir la progression de la maladie.
Une nouvelle publication présente les données de phase 2 de l’essai PARADIGM, mené sur PrimeC. Cet essai a permis de recruter 68 participants atteints de SLA, qui ont été répartis aléatoirement selon un rapport de 2 pour 1 pour recevoir soit PrimeC, soit un placebo pendant six mois, suivis de six mois supplémentaires de prolongation en ouvert (au cours desquels tous ont reçu le médicament expérimental). Au final, 29 participants ont terminé la phase en ouvert, certains ayant décidé de ne pas poursuivre ou s’étant trouvés dans l’impossibilité de le faire en raison d’un décès, de la progression de la maladie ou d’autres raisons.
Sécurité : Le critère d’évaluation principal de l’étude était la sécurité, et cet objectif a été atteint. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés comprenaient des symptômes gastro-intestinaux, ainsi que des maux de tête, des évanouissements et une légère élévation de la tension artérielle. Il est important de noter qu’aucun décès ni événement mettant la vie en danger lié au traitement n’a été observé.
ALSFRS‑R : Au cours de la phase randomisée de six mois de l’étude, les participants sous PrimeC ont obtenu des résultats supérieurs à l’échelle ALSFRS‑R* par rapport à ceux sous placebo, avec une différence moyenne de 2,23 points après six mois. Dans la phase d’extension en ouvert, les participants ayant commencé sous PrimeC présentaient une différence de 7,92 points à 18 mois par rapport aux participants initialement assignés au groupe placebo. Bien que ces résultats puissent sembler intrigants, il est important d’interpréter avec prudence les résultats de l’échelle ALSFRS-R issus de tout essai clinique de cette envergure. Des différences entre les groupes peuvent apparaître pour un certain nombre de raisons sans rapport avec le traitement, notamment la variation naturelle de la progression de la maladie, les déséquilibres entre les petits groupes au début d’une étude, ainsi que les effets du hasard ou de l’abandon des participants. Des essais plus vastes et bien conçus sont nécessaires pour tenir compte de ces facteurs.
Chaîne légère des neurofilaments (NfL) : À six mois, les taux de NfL étaient très similaires entre les deux groupes. Les participants sous PrimeC présentaient des taux de NfL inférieurs d’environ 0,8 % à ceux des participants sous placebo. Au 18e mois de la phase en ouvert, les participants initialement assignés au groupe PrimeC présentaient des taux de NfL inférieurs d’environ 9,4 % à ceux des participants initialement assignés au groupe placebo. Bien qu’une réduction ait été observée, une réduction significative de la NfL est généralement considérée comme étant beaucoup plus importante, souvent de l’ordre de 30 %, et on sait également que les taux de NfL se stabilisent à mesure que la maladie progresse. Ces résultats constituent une raison supplémentaire d’interpréter avec prudence les données apparemment positives de l’échelle ALSFRS-R.
Biomarqueurs de l’engagement de la cible : En plus des mesures fonctionnelles, l’essai PrimeC a également examiné des marqueurs biologiques afin d’évaluer si le médicament produisait les effets attendus dans l’organisme. Parmi ceux-ci figuraient des protéines régulatrices du fer et des microARN circulants. Les chercheurs ont observé des modifications de ces marqueurs sous traitement par PrimeC, ce qui suggère que le médicament influençait les processus biologiques qu’il était censé cibler, un concept connu sous le nom d’« engagement de la cible ». Cependant, nous ne savons toujours pas si le fait de cibler ces processus biologiques a une incidence sur la maladie.
En se basant sur ces résultats cliniques et sur les biomarqueurs, NeuroSense prévoit de passer à un essai de phase 3 de confirmation. Une étude de phase 3 bien conçue sera essentielle pour mieux déterminer si PrimeC peut apporter un bénéfice. Pour l’instant, toutefois, les données disponibles ne sont pas suffisantes pour conclure à son efficacité.
On ignore pour l’instant si des sites canadiens participeront à l’essai de phase 3. Notre base de données sur les essais cliniques sera mise à jour dès que nous aurons reçu plus d’informations.