*Les axones sont de longues « extensions » des motoneurones qui transmettent les signaux à l’intérieur du cerveau et jusqu’aux muscles. Pour rester en bonne santé, ces neurones doivent pouvoir produire localement certaines de leurs propres protéines plutôt que de dépendre entièrement de la production de protéines dans le corps cellulaire. Dans le cas de la SLA, cette production locale de protéines dans les axones peut être perturbée, ce qui pourrait contribuer à la progression de la maladie, même si les chercheurs s’efforcent encore de comprendre exactement comment.
Dans cette étude, des chercheurs belges ont utilisé un outil puissant appelé « transcriptomique spatiale spécifique aux compartiments » pour cartographier avec précision les gènes actifs dans différentes parties des motoneurones chez la souris adulte, en comparant le corps cellulaire à l’axone*. Ils se sont particulièrement intéressés aux neurones porteurs d’une variante pathogène d’un gène connu de la SLA, appelé FUS-**. Ils ont confirmé que les variantes du gène FUS perturbent l’ensemble normal d’ARN présents dans les axones et perturbent le processus local de synthèse des protéines. L’une des protéines clés affectées est l’EIF5A, qui est essentielle à une production protéique efficace et dont la fonction est altérée dans les neurones produisant la variante FUS en raison d’une réduction de sa forme active.
Les chercheurs ont ensuite testé un composé appelé spermidine, capable de restaurer la forme active de l’EIF5A. Lorsqu’ils ont appliqué la spermidine spécifiquement sur les axones, cela a amélioré la production de protéines et réduit les effets néfastes causés par les variants du gène FUS. Ils ont également testé la spermidine sur des modèles de SLA chez la mouche du vinaigre, induite par des variants des gènes FUS et TARDPB (TDP43), et ont constaté une réduction de la toxicité liée à la SLA dans ces modèles également.
Ces résultats suggèrent que des troubles de la production locale de protéines dans les axones contribuent à la SLA, et que le renforcement de ce processus, éventuellement à l’aide d’une substance telle que la spermidine, pourrait constituer une piste pour de futurs traitements.
**Les mutations du gène FUS, ou variants pathogènes, constituent un facteur de risque connu de la SLA et sont à l’origine d’environ 1,2 à 1,6 % de tous les cas de la maladie.