La SLA est difficile à diagnostiquer, car aucun test ni aucune procédure unique ne permet d’identifier la maladie avec certitude. Les méthodes actuelles de diagnostic de la SLA consistent à exclure d’autres maladies qui présentent des symptômes initiaux similaires. À titre d’exemple, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) est généralement utilisée pour écarter un diagnostic de cancer, de sclérose en plaques ou de compression de la moelle épinière causée par l’arthrite. Cependant, une analyse IRM standard chez une personne atteinte de SLA donne généralement des résultats normaux.
L’absence de test diagnostique fiable pour la SLA signifie qu’il faut en moyenne environ un an pour confirmer le diagnostic. « Ce délai nous empêche d’aider les personnes plus rapidement et de les identifier assez tôt pour qu’elles puissent participer à un essai clinique », a déclaré le Dr Sanjay Kalra dans une entrevue accordée à la Société canadienne de la SLA. « Ce problème freine en fait la recherche clinique sur les traitements médicamenteux. Si nous pouvions identifier plus rapidement les personnes présentant différents types et rythmes de progression de la SLA, nous pourrions découvrir plus vite un traitement révolutionnaire. Il est urgent de disposer d’un test capable de déterminer si un médicament est efficace dans le cadre d’un essai clinique. » Le Dr Kalra est professeur au département de médecine (neurologie) et membre de l’Institut des neurosciences et de la santé mentale de l’University of Alberta.
À la recherche de signes de la SLA dans les images du cerveau
Depuis sa résidence en médecine, le Dr Kalra s’intéresse à la possibilité d’exploiter la puissance de l’imagerie pour détecter les signes précoces de la SLA, après avoir rencontré le neurologue Dr Douglas Arnold, spécialiste de l’IRM à l’Institut-hôpital neurologique de Montréal. « Mon stage de recherche pendant ma résidence ne devait durer que six mois, mais après avoir constaté le formidable potentiel de cette technologie en recherche et apprécié travailler avec des personnes atteintes de SLA, j’ai décidé de poursuivre et je suis finalement resté comme boursier postdoctoral spécialisé en IRM pour la SLA », explique le Dr Kalra.
Le Dr Kalra a obtenu du financement pour son programme de recherche en imagerie auprès de plusieurs bailleurs, dont les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le principal organisme du gouvernement canadien responsable du financement de la recherche en santé au pays. Ses travaux visent à mettre au point et à valider des méthodes avancées d’IRM pouvant servir de biomarqueur, c’est-à-dire un indicateur biologique permettant aux médecins de détecter la maladie plus tôt, de suivre sa progression et d’évaluer de nouvelles thérapies.
En 2013, il a fondé le Consortium canadien de neuro-imagerie de la SLA (CALSNIC), une équipe multidisciplinaire de spécialistes de partout au Canada composée de neurologues, de scientifiques spécialisés en IRM, d’informaticiens, de neuropathologistes et d’un biostatisticien. Depuis, l’équipe du CALSNIC travaille de concert à l’échelle nationale pour développer des méthodes avancées d’IRM afin d’identifier des biomarqueurs chez les personnes atteintes de SLA et d’affections connexes.
En 2014-2015, le Dr Kalra et trois collègues de l’Université de l’Alberta, à Edmonton, ont mené une étude préliminaire visant à rechercher des biomarqueurs dans des images cérébrales en utilisant des IRM de 19 personnes atteintes de SLA et de 20 participants en santé à des fins de comparaison. Ils ont analysé les images à l’aide d’une analyse de texture 3D, une méthode avancée qui leur a permis de rechercher des motifs statistiquement significatifs de dégénérescence cérébrale normalement invisibles à l’œil nu. Ils ont examiné des voxels, de minuscules espaces tridimensionnels du cerveau d’environ un millimètre cube.
Les chercheurs ont découvert des caractéristiques de texture différentes dans les régions du cerveau touchées par la SLA et la démence frontotemporale chez les personnes atteintes de SLA, comparativement à celles non atteintes. Ils ont également découvert que certaines caractéristiques étaient associées à des observations cliniques, telles que la durée de la maladie et les différences de vitesse du tapotement des doigts. L’étude a été financée en partie grâce à une bourse de découverte de la Société canadienne de la SLA.
Voir grand : la première grande étude d’imagerie au monde
Fort des résultats encourageants de cette étude préliminaire et d’autres travaux, le Dr Kalra souhaite confirmer ces conclusions auprès d’un plus grand groupe de personnes atteintes de SLA. « Le milieu de la SLA a connu une explosion d’études d’imagerie au cours des cinq dernières années, mais, pour la plupart, il s’agissait d’études monocentriques utilisant différentes méthodes sur de petits groupes de patients, ce qui rend difficile de tirer des conclusions sur la meilleure méthode à utiliser, affirme-t-il. Pour développer et valider l’utilisation de biomarqueurs IRM, notamment en vue de leur utilisation potentielle dans les essais cliniques, nous devons confirmer que ces méthodes fonctionneront efficacement à grande échelle, dans toutes les cliniques. »
En 2015, le Dr Kalra et une équipe de 13 autres chercheurs ont présenté une demande de subvention à la Société canadienne de la SLA et ont obtenu le financement. La bourse d’équipe translationnelle Arthur J. Hudson de 2,94 millions de dollars, la plus importante jamais accordée par la Société canadienne de la SLA (financée conjointement par la Société canadienne de la SLA et la Fondation Brain Canada), soutient la première grande étude d’imagerie multicentrique au monde axée sur la SLA, selon le Dr Kalra. L’étude vise à recruter plus de 700 volontaires, répartis entre des personnes atteintes de SLA et des personnes non atteintes à des fins de comparaison, dans sept sites : Calgary, Edmonton, Vancouver, London, Toronto, Montréal et Québec. Certains sites recrutent déjà des participants, tandis que d’autres seront opérationnels sous peu Les participants reçoivent une IRM de référence et une évaluation clinique, puis deux visites de suivi.
Toujours tourné vers l’avenir, le Dr Kalra envisage déjà d’élargir le CALSNIC afin d’accroître la valeur du réseau. « Un autre objectif de la mise en place de l’infrastructure du CALSNIC est qu’elle nous permet d’explorer d’autres questions. Je suis ravi que cela ait stimulé d’autres recherches et collaborations sur la SLA, indique le Dr Kalra, comme à l’Université de Toronto, où la Dre Yana Yunusova étudie les changements de la parole chez les patients du réseau CALSNIC et pourra comparer ses résultats à nos données d’imagerie. À l’avenir, j’aimerais que le CALSNIC constitue une ressource complète regroupant des échantillons biologiques, des données d’imagerie et des descriptions cliniques auxquelles tous les scientifiques pourraient avoir accès pour mieux comprendre la maladie. »
Depuis plus de 30 ans, la Société canadienne de la SLA finance des recherches de calibre mondial à travers le Canada afin de permettre la découverte de nouveaux traitements et interventions thérapeutiques susceptibles de modifier l’évolution de la maladie ou d’améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de SLA.
Apprenez-en davantage sur le programme de recherche de la Société canadienne de la SLA et faites un don dès aujourd’hui.
