Les chercheurs sur la SLA du monde entier continuent de tirer parti des travaux existants et de faire de nouvelles découvertes dans l’espoir de créer un monde sans SLA. Dans la mise à jour du mois d’octobre 2024 sur la recherche, découvrez de nouvelles perspectives sur la technologie prometteuse d’interface cerveau-machine, sur la compréhension de la diversité des personnes vivant avec SLA, sur les nouveaux domaines thérapeutiques prometteurs et bien plus encore.
Nous avons élaboré un glossaire de recherche qui contient une liste de termes et de définitions scientifiques et médicaux relatifs à la SLA. Ce glossaire a été créé pour favoriser le partage des connaissances en clarifiant la terminologie qui pourrait ne pas être connue par nos lecteurs. Cliquez ici pour en télécharger une copie.
L’esprit au-delà des mots : une interface cerveau-machine prometteuse utilisée comme appareil fonctionnel destiné à la communication pour les personnes atteintes de SLA

Une étude récente réalisée par University of California, à Davis, s’est penchée sur l’utilisation des interfaces cerveau-machine pour faciliter la communication chez un homme de 45 ans atteint de SLA. Cinq ans après le début de la maladie, le participant, qui est atteint d’une paralysie sévère et qui éprouve des difficultés d’élocution, a subi une petite intervention chirurgicale pour l’implantation de quatre réseaux de microélectrodes dans son gyrus précentral frontal inférieur, une partie du cerveau responsable du traitement de la parole.
En termes simples, la technologie traduit l’activité cérébrale en texte. Les chercheurs ont pu décoder les signaux cérébraux du participant lorsqu’il essayait de former des mots. Ces mots décodés étaient ensuite affichés sur un écran d’ordinateur et prononcés au moyen d’un système de synthèse texte-parole.
De façon générale, la facette problématique des interfaces cerveau-machine a été le niveau élevé de formation requis et les limites en matière de précision et de vitesse. Les résultats de cette étude semblent prometteurs pour remédier à ces limitations : le processus d’étalonnage, qui consiste à enregistrer les signaux cérébraux pendant que le participant tente de parler, n’a pris que 30 minutes. De plus, lors du premier jour de test, soit vingt-cinq jours après l’opération, la technologie a atteint une précision de 99,6 % dans la traduction de son activité cérébrale en texte, bien que le vocabulaire était limité à 50 mots. Le deuxième jour de test, l’appareil a atteint une précision de 90,2 % avec un vocabulaire beaucoup plus important comptant 125 000 mots. Au cours des 8,4 mois suivants, le système a maintenu une précision de 97,5 %, ce qui a permis au participant d’engager des conversations à une vitesse de 32 mots par minute. Pour visionner une vidéo du participant qui communique avec sa famille, cliquez ici.
Bien que prometteuse, cette technologie nécessite encore des recherches et des perfectionnements en continu, et il faudra peut-être encore des années avant que les interfaces cerveau-machine puissent devenir une méthode standard pour rétablir la communication, par rapport aux technologies d’assistance traditionnelles qui utilisent les mouvements oculaires ou le contrôle musculaire. La longévité de la technologie constitue également une limitation potentielle, car elle n’a pas été étudiée de manière approfondie chez les personnes atteintes de SLA. Une autre étude récente a indiqué que la précision des interfaces cerveau-machine peut diminuer au fil du temps à mesure que la maladie progresse.
D’autres études examinant actuellement les interfaces cerveau-machine comprennent notamment BrainGate2 et l’étude PRIME de Neuralink, qui recherche actuellement des participants. Pour en apprendre davantage au sujet de la participation, cliquez ici.
Si vous souhaitez en savoir plus sur la technologie d’interface cerveau-machine, visionnez une conférence du Dr Nick Ramsey dans le cadre du 3e Forum virtuel de la recherche de la Société canadienne de la SLA.
Nouveaux efforts pour comprendre la diversité de la SLA : Project Mosaic et ALL ALS

La SLA est une maladie hétérogène, ce qui signifie que chaque personne atteinte de SLA sera affectée différemment. Ces différences peuvent affecter la progression et la gestion des symptômes, les réponses individuelles aux traitements potentiels et la participation aux essais cliniques. Pour bien découvrir quelles thérapies sont efficaces contre la SLA, ces lacunes dans notre compréhension de la maladie doivent être comblées.
Dans le but d’améliorer les essais cliniques et la mise au point de médicaments pour mieux répondre à la diversité des personnes vivant avec la SLA, Project Mosaic est un projet créé par un consortium d’organismes sans but lucratif de la lutte contre la SLA et d’intervenants du secteur. Les chercheurs étudient surtout la SLA en laboratoire au moyen de modèles génétiques de la maladie. Toutefois, comme les cas de SLA sans variante génétique apparente représentent plus de 75 % des cas, les thérapies potentielles testées au moyen de modèles génétiques en laboratoire ne parviennent souvent pas à reproduire les mêmes résultats prometteurs dans les essais cliniques.
Project Mosaic se penche sur l’évaluation et la validation du meilleur modèle représentatif pour étudier les cas de SLA sans cause génétique connue, grâce à des cellules souches pluripotentes induites (CSPi). Ces cellules permettent de créer tout type de cellules du corps à partir de n’importe quelle autre cellule. Cela signifie que les chercheurs peuvent prélever des échantillons de peau ou de sang de personnes atteintes de SLA et les convertir en motoneurones afin de les étudier en laboratoire. Espérons que la validation et la diffusion d’un modèle de SLA qui reflète mieux l’hétérogénéité de la maladie auront une incidence importante sur l’amélioration de la mise au point de médicaments ainsi que sur la validation des essais cliniques.
De plus, les National Institutes of Health (NIH) ont lancé le Consortium « Access for ALL in ALS » (ALL ALS) aux États-Unis. ALL ALS fera partie du programme Accelerating Medicines Partnership (AMP) ALS, qui réunira plusieurs établissements de recherche à travers les États-Unis pour recueillir et stocker des données sur les personnes vivant avec SLA et sur celles qui risquent de développer la maladie (porteurs de variantes du gène causant la SLA). En recueillant des données importantes sur la diversité des personnes vivant avec SLA, cette initiative peut nous rapprocher de la mise au point de médicaments personnalisés et repérer des biomarqueurs fiables de la maladie, qui permettront de mieux suivre la progression de la maladie et potentiellement aider à établir un diagnostic plus précoce.
ALL ALS mettra l’accent sur l’inclusion de divers groupes mal représentés dans la recherche sur le plan géographique, ethnoculturel et socioéconomique. Les données recueillies comprendront des renseignements cliniques et génétiques, des antécédents familiaux, médicaux et environnementaux, des fluides corporels et des renseignements sur la progression des symptômes, ainsi que d’autres mesures signalées par les patients, telles que la qualité de vie et les aspects émotionnels. Toutes les données seront mises à la disposition des chercheurs pour soutenir des approches innovantes dans la compréhension de la SLA et de nouvelles pistes thérapeutiques.
La Société canadienne de la SLA s’engage à contribuer à la recherche mondiale sur la SLA. Des discussions ont lieu autour de projets visant à intégrer les données de la plateforme CAPTURE SLA dans le programme AMP ALS. CAPTURE SLA est une plateforme canadienne réunissant également des personnes vivant avec SLA, des médecins et des chercheurs en recueillant de multiples mesures auprès de personnes vivant avec la maladie. Les données recueillies par CAPTURE SLA peuvent nous permettre d’accélérer considérablement le développement de traitements efficaces contre la maladie.
Apprenez-en davantage sur le projet CAPTURE SLA et sur la manière de participer à l’étude.
Démystifions la neuro-inflammation : comment le fait de cibler ces cellules étoilées pourrait-il avoir un effet protecteur chez les personnes atteintes de SLA
La SLA provoque la dégénérescence et la mort des cellules nerveuses responsables des mouvements musculaires volontaires, appelées motoneurones. C’est pourquoi, au fil du temps, les personnes atteintes de SLA perdent la capacité de marcher, de parler et finalement de respirer. Les chercheurs savent que la maladie peut également toucher les cellules de soutien des motoneurones, ce qui influence leur environnement global et entraîne une inflammation chronique du système nerveux.
Dans une étude scientifique récente sous la direction de l’équipe du professeur Ludo Van Den Bosch (VIB-KU Leuven Center for Brain & Disease Research), la neuro-inflammation est étudiée plus en profondeur en tant que domaine thérapeutique clé potentiel. Un type précis de cellules de soutien en forme d’étoile dans le système nerveux, qui sont appelées astrocytes, est connu pour être fortement impliqué dans une réponse neuroinflammatoire chez les personnes atteintes de SLA qui, selon certains scientifiques, est causée par une réponse altérée aux interférons. Les interférons sont des protéines produites par le système immunitaire qui peuvent accroître l’inflammation dans le corps.
Dans le but de réduire la neuro-inflammation, les chercheurs ont étudié une enzyme appelée EGLN2, qui joue un rôle essentiel dans la régulation de l’inflammation et de l’énergie sur le plan cellulaire. En utilisant des modèles animaux de SLA, tels que le poisson-zèbre et la souris, ainsi que des astrocytes fabriqués à partir de cellules provenant de personnes vivant avec SLA, les scientifiques ont découvert que la réduction des niveaux d’EGLN2 peut désactiver cet interrupteur inflammatoire dans les astrocytes en normalisant la réponse aux interférons. Cela a eu un effet neuroprotecteur dans les modèles de SLA et a réduit la dégénérescence des motoneurones.
L’étude renforce l’idée que la régulation de l’EGLN2 pourrait constituer une stratégie thérapeutique efficace contre la SLA, en réduisant l’inflammation liée aux astrocytes, conduisant ainsi à un environnement plus sain pour les motoneurones et ralentissant potentiellement la progression de la maladie. De plus, les auteurs soulignent l’importance de poursuivre les études pour mieux comprendre ces cellules de soutien et le rôle qu’elles jouent dans la neuro-inflammation et la maladie.
Vidange du cerveau : quel rôle joue le système glymphatique dans la SLA?
L’un des domaines de recherche les plus récents concernant la SLA concerne le système glymphatique, soit le « système de vidange » du cerveau. Ce système fonctionne principalement pendant que nous dormons, éliminant les toxines et les protéines nocives. L’accumulation de protéines mal repliées dans les cellules est caractéristique de la SLA, ce qui peut contribuer à la dégénérescence des motoneurones, les cellules du cerveau responsables des mouvements volontaires. Les chercheurs cherchent à découvrir quel rôle le système glymphatique peut jouer chez les personnes atteintes de SLA en éliminant cette accumulation de protéines, et si cela pourrait potentiellement s’avérer une nouvelle cible thérapeutique.
Dans une étude récente, une équipe codirigée par le Dr Minh Dang Nguyen, le Dr Richard Frayne et le Dr Gerald Pfeffer, de l’Université de Calgary, a utilisé une technique d’imagerie cérébrale spécialisée appelée analyse d’images du tenseur de diffusion le long des espaces périvasculaires (DTI-ALPS) pour mesurer le fonctionnement du système glymphatique chez 45 participants vivant avec SLA. Les participants ont été recrutés au sein de l’étude CALSNIC (Consortium canadien de neuro-imagerie de la SLA), soutenue par une bourse d’équipe translationnelle Arthur J. Hudson de la Société canadienne de la SLA et de la Fondation Brain Canada. L’étude a également inclus cinq participants atteints de sclérose latérale primitive (SLP) et 22 sujets témoins en bonne santé à des fins de comparaison. Trois examens d’imageries cérébrales ont été effectués tous les quatre mois pour suivre les changements, et les chercheurs ont également examiné des facteurs cliniques, tels que l’âge, le sexe, la gravité de la maladie et sa progression.
L’étude a révélé que la fonction glymphatique semble être réduite chez les personnes atteintes de SLA par rapport aux groupes témoins. Cette réduction ne semble pas être directement liée à des facteurs cliniques, ce qui signifie qu’une personne présentant une progression rapide de la maladie n’a pas connu de déclin plus rapide de la fonction glymphatique par rapport à une personne dont la progression est lente. Cependant, les chercheurs ont noté que la fonction glymphatique semblait décliner avec l’âge, confirmant ainsi les études antérieures.
Ces résultats soulignent l’importance d’explorer davantage le système glymphatique chez les personnes atteintes de SLA, car cela pourrait aider les chercheurs à mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à l’accumulation de protéines mal repliées qui contribuent à la dégénérescence des motoneurones. L’étude du système glymphatique ouvre un nouveau domaine offrant un potentiel thérapeutique pour la maladie, et les études futures devront explorer comment cibler correctement ce système chez les personnes vivant avec la SLA.
Vous avez des questions concernant la recherche sur la SLA? Joignez-vous à nous à l’occasion de l’événement « ALS Research Clinicals Trials 101 Q&A », une séance mensuelle de questions-réponses destinée aux personnes vivant avec SLA, à leur famille, à leurs aidants et à tout proche qui cherche à s’informer ou à poser des questions sur la recherche et/ou les essais cliniques dans le domaine de la SLA.
Vous souhaitez en savoir plus sur la recherche clinique en cours au Canada? Joignez-vous à la Société canadienne de la SLA dans le cadre de notre prochain webinaire « ALS Clinical Trials Unboxed » pour rencontrer un chercheur canadien ou international qui vous parlera de son essai clinique et de sa recherche. Regardez les anciens webinaires « Unboxed » ici.
