Partout dans le monde, les chercheurs continuent de s’appuyer sur les travaux existants et de faire de nouvelles découvertes dans l’espoir d’un monde sans SLA. Dans la mise à jour de la recherche d’avril 2025, découvrez de nouvelles perspectives sur les données recueillies lors d’essais cliniques, les nouvelles voies thérapeutiques, la prédiction de l’apparition et de la progression de la maladie, ainsi que la génétique de la SLA.
Nous avons créé un glossaire de recherche contenant une liste de termes scientifiques et médicaux en lien avec la SLA, avec leur définition. Ce glossaire a été créé afin de faciliter le partage des connaissances en clarifiant les termes qui pourraient être peu familiers à nos lecteurs. Cliquez ici pour télécharger une copie.

Pour les traitements initiaux, les critères d’évaluation principaux ont évalué les changements dans la progression de la maladie (à l’aide de l’échelle ALSFRS-R) et la survie à 24 semaines. Les critères d’évaluation secondaires ont évalué les changements dans la force musculaire et la fonction respiratoire. Le protocole principal a maintenant changé la durée de l’essai à 36 semaines, avec d’autres modifications des critères d’évaluation.
L’analyse post hoc consiste à examiner les données après la fin de l’étude pour obtenir des informations et des enseignements supplémentaires. Ces analyses doivent être interprétées avec prudence et sont généralement utilisées pour éclairer les études futures.
Acides gras et neurodégénérescence : une piste pour lutter contre la SLA et la DFT ?

De nombreux cas de SLA et de démence frontotemporale (DFT) partagent une cause génétique commune : une variante (mutation) dans un gène appelé C9orf72 (C9). Un groupe de chercheurs, comprenant le Dr Ashling Giblin et le Dr Alexander Cammack, a souhaité approfondir les recherches sur les modèles C9orf72 et les acides gras polyinsaturés (AGPI), puisque des études épidémiologiques semblent montrer un lien entre une consommation alimentaire accrue d’AGPI et une diminution du risque de SLA, avec une survie plus longue après l’apparition de la maladie. Les chercheurs savent que ces graisses sont importantes pour la santé du cerveau. Cependant, dans le contexte de la SLA, il est difficile de confirmer une relation directe entre les deux, parce que les études épidémiologiques comportent d’autres facteurs qui peuvent compliquer l’interprétation (par exemple, certaines personnes peuvent faire plus d’exercice ou avoir un meilleur accès aux soins de santé), ne possèdent pas de groupe témoin pour les comparaisons et présentent souvent des difficultés de mesure et des biais, en particulier avec les données autodéclarées. Par conséquent, des recherches plus spécifiques sont nécessaires pour mieux comprendre cette corrélation entre les AGPI et la SLA.
Pour approfondir le sujet, le groupe a utilisé des mouches à fruits, des cellules iPS (cellules cérébrales humaines cultivées en laboratoire) et des tissus cérébraux et médullaires donnés pour leurs expériences. Dans tous les modèles, ils ont constaté que les cellules présentaient une baisse constante de certaines graisses et un métabolisme lipidique altéré, en particulier pour les AGPI. Lorsque les chercheurs ont nourri ces graisses saines aux modèles de mouches à fruits affectés par la variante génétique C9orf72, les mouches ont vécu un peu plus longtemps, mais pas de manière significative. Les résultats prometteurs ont été obtenus lorsque les chercheurs ont augmenté les niveaux d’AGPI directement dans les neurones. En augmentant l’activité des enzymes qui contribuent à la production d’AGPI dans le cerveau, ils ont constaté une augmentation significative de la durée de vie et une meilleure protection contre les dégâts cellulaires, tant dans les cellules C9 que dans les cellules TDP-43 (un autre modèle important de laboratoire pour la SLA).
Cette étude suggère qu’un manque de graisses saines dans le cerveau pourrait jouer un rôle dans la SLA et la DFT, et que l’augmentation de ces graisses pourrait avoir un rôle protecteur dans la SLA. Cependant, les auteurs soulignent que l’apport direct d’AGPI aux neurones est essentiel à cette fonction protectrice, ce qui n’est pas la même chose que simplement augmenter l’apport alimentaire. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer comment l’apport en AGPI peut influencer la progression de la maladie chez les êtres humains.
SUMO : aux prises avec le stress de la SLA


Dans la majorité des cas de SLA, il est commun d’observer un dysfonctionnement d’une protéine appelée TDP-43, même chez les personnes qui ne présentent pas de variante du gène TDP-43. C’est pourquoi les scientifiques s’efforcent de mieux comprendre comment la TDP-43 est dérégulée et par quels mécanismes elle contribue à l’apparition et à la progression de la maladie.
Le Dr Terry Suk, lauréat du prix de la Société canadienne de la SLA et de la Fondation Brain Canada, qui travaille dans le laboratoire du Dr Maxime Rousseaux à l’Université d’Ottawa, a étudié un processus appelé SUMOylation qui semble être impliqué dans cette pathologie. La SUMOylation aide les cellules à répondre au stress en modifiant la fonction des protéines en les marquant avec une autre petite protéine appelée SUMO.
En faisant des essais sur des souris avec la SLA, ils ont pensé que la SUMOylation pourrait être une première ligne de défense pour contrôler la TDP-43 quand les cellules sont stressées. Quand ce contrôle est perturbé, ça peut mener à une accumulation de la TDP-43 pendant la récupération du stress, ce qui pourrait contribuer à la maladie. Le groupe a également illustré comment la SUMOylation pourrait jouer un rôle important au cours du vieillissement, soulignant l’importance de la SUMOylation dans le maintien d’une fonction cérébrale saine. Il est intéressant de noter que les souris étudiées ont également présenté des symptômes cognitifs similaires à ceux de la DFT, mais uniquement chez les femelles, ce qui pourrait impliquer que la TDP-43 pourrait jouer un rôle inconnu dans les comportements spécifiques au sexe.
Cette recherche suggère que la SUMOylation agit comme un mécanisme de défense initial contre le stress cellulaire, et que sa perturbation peut augmenter le risque de maladie. Ces travaux pourraient un jour déboucher sur une nouvelle voie thérapeutique pour la SLA et la pathologie de la TDP-43.
Il est difficile de prédire la progression de la maladie et la survie des personnes atteintes de SLA, mais cela est essentiel pour planifier les soins et prendre des décisions thérapeutiques. Des études récentes mettent en évidence des approches prometteuses pour le diagnostic anticipé et des biomarqueurs permettant de suivre l’évolution de la maladie.
Projet soutenu : Élaborer des approches pour prédire la SLA


Une nouvelle étude dirigée par la Dre Isabelle Lajoie, de l’Université McGill, lauréate d’une bourse de la Société canadienne de la SLA et de la Fondation Brain Canada, a examiné comment les examens cérébraux pourraient potentiellement fournir des informations sur la progression individuelle de la maladie. La Dre Lajoie et son équipe, sous la supervision de la Dre Mahsa Dadar, ont analysé les IRM de 178 personnes atteintes de SLA et les ont comparées à celles d’un groupe témoin. Les données ont été recueillies par CALSNIC, un réseau de chercheurs en imagerie soutenu par le Programme de recherche de la Société canadienne de la SLA. À l’aide de techniques d’imagerie avancées, ils ont recherché des signes de rétrécissement cérébral (atrophie) dans la matière grise et la matière blanche. Ces changements ont ensuite été mis en relation avec la vitesse de la progression de la maladie et la durée de survie des participants. Ils ont découvert que certaines parties spécifiques du cerveau, notamment le corps calleux, le lobe frontal et le thalamus, présentaient un rétrécissement lié à un risque plus élevé de décès ou à la nécessité d’une assistance respiratoire à long terme. Il est important de noter que lorsque les chercheurs ont combiné ces données d’imagerie cérébrale avec les informations cliniques traditionnelles, leur capacité à prédire la progression individuelle s’est considérablement améliorée.
Une autre étude récente dirigée par le Dr Pedram Parnianpour, de University of British Columbia (sous la supervision du Dr Sanjay Kalra de University of Alberta), apporte des preuves supplémentaires que l’imagerie peut être un biomarqueur utile pour suivre l’évolution de la maladie. Ils ont découvert que l’analyse de la texture des IRM cérébrales, combinée à un modèle appelé D50 (une méthode plus nuancée pour mesurer l’évolution de la SLA au fil du temps que la simple hypothèse d’un déclin linéaire), peut révéler des changements subtils liés à la progression et au stade de la SLA.
Ces études montrent que l’imagerie cérébrale pourrait devenir un outil important dans la lutte contre la SLA, en fournissant des informations qui vont au-delà du simple suivi des symptômes et en aidant les personnes atteintes à avoir accès aux traitements appropriés au moment opportun.
Découvrez CALSNIC, soutenu par une bourse d’équipe translationnelle Arthur J. Hudson de la Société canadienne de la SLA et la Fondation Brain Canada, rendue possible grâce aux généreux dons recueillis lors du « Ice Bucket Challenge ».
À l’écoute de la SLA : une nouvelle voie de detection

Dans une étude dirigée par le Dr Andrew Hannaford, originaire d’Australie, des chercheurs ont analysé si les échographies musculaires pouvaient détecter les fasciculations (contractions involontaires) et les signes de la SLA, facilitant ainsi son diagnostic. 94 personnes initialement soupçonnées d’être touchées par la SLA ont été analysées dans le cadre de cette étude, parmi lesquelles 45 ont ensuite reçu un diagnostic. Le groupe a scanné différents muscles afin d’aider les cliniciens à différencier la SLA d’autres maladies similaires. Les personnes atteintes de SLA présentent souvent beaucoup plus de fasciculations, ce qui permet de distinguer la SLA d’autres maladies telles que la dystrophie myotonique ou la neuropathie héréditaire. Au final, ils ont pu détecter la SLA avec une précision de près de 90 %, ce qui suggère que ce type de test pourrait être un outil efficace pour faciliter le diagnostic anticipé de la maladie.
Sang ou muscle : à la poursuite d’un biomarqueur pour la SLA

Les neurofilaments à chaîne légère (NfL), une protéine libérée lorsque les cellules nerveuses sont abîmées, fait l’objet d’études de plus en plus nombreuses pour évaluer sa fiabilité en tant que biomarqueur de la SLA, particulièrement utile pour prédire la progression de la maladie. Une étude récente a fourni des preuves supplémentaires de son utilité, en comparant les niveaux de NfL avec ceux de deux autres protéines sanguines, afin de déterminer laquelle permettait le mieux d’identifier la maladie et de prédire l’évolution de la SLA. L’étude, dirigée par le Dr Etienne Mondesert, de France, a examiné 140 personnes touchées par la SLA. Les chercheurs ont découvert que les taux sanguins de NfL étaient bien détectés à l’aide de quatre méthodes de test différentes, ce qui est utile pour démontrer la fiabilité des taux rapportés dans de nombreuses études. Cette étude confirme également que les taux de NfL pourraient contribuer à la mise au point d’un panel de biomarqueurs sanguins permettant un jour de diagnostiquer la SLA avec précision. Elle apporte en effet des preuves solides en faveur de l’utilisation des NfL comme biomarqueur pronostique dans la recherche et dans certains aspects des soins. À l’inverse, les deux autres protéines étudiées, la GFAP et la pTau181, se sont révélées beaucoup moins fiables.
De plus, une autre étude dirigée par la Dre Paola Fabbrizio, en Italie, s’est intéressée à une protéine appelée angiogénine, présente dans les tissus musculaires. L’angiogénine aide les muscles à se régénérer et à créer de nouveaux vaisseaux sanguins, offrant ainsi un effet protecteur. Les chercheurs ont découvert que des taux plus élevés d’angiogénine étaient présents chez les modèles de souris dont la progression était lente, mais pas chez ceux dont la progression était rapide. Chez les personnes atteintes de SLA, des taux plus élevés étaient associés à une forme plus modérée de la maladie. Cette étude apporte des éclaircissements sur la question de savoir si l’angiogénine pourrait devenir un biomarqueur permettant de prédire la vitesse de la progression de la SLA et explore une nouvelle cible thérapeutique favorisant la régénération musculaire. Des études antérieures ont également montré que des variantes pathogènes du gène de l’angiogénine (ANG) étaient associées à un risque accru de SLA, ce qui justifie la poursuite des recherches dans ce domaine.
Cocktail génétique : comment plusieurs variantes amplifient le risque de SLA


Bien que les chercheurs travaillent encore à comprendre les causes exactes de la SLA, on sait que certains cas sont dus à une variante génétique, et plusieurs gènes ont été identifiés dont la modification peut contribuer à la maladie.
Une nouvelle étude dirigée par le Dr Alfredo Iacoangeli et ses collaborateurs examine de plus près ce qui se passe lorsque plusieurs variantes génétiques à risque apparaissent simultanément, un concept connu sous le nom d’oligogénicité. À l’aide d’une vaste base de données génétiques du Projet MinE, ils ont analysé plus de 9 000 personnes atteintes de SLA et les ont comparées à des individus témoins. Ils ont découvert que les personnes porteuses de plusieurs variantes rares dans des gènes liés à la SLA présentaient un risque accru de développer la maladie, plus élevé que celles qui n’en portaient qu’un seul. Cependant, la présence de plusieurs de ces variantes ne semblait pas avoir de répercussion sur la progression ou l’apparition de la maladie.
Il s’agit de la première étude à grande échelle confirmant qu’environ 6 % des cas de SLA sont liés à des variantes dans plusieurs gènes. Cette étude pourrait avoir des implications importantes pour les tests génétiques et le conseil génétique, en montrant qu’il est essentiel d’établir un profil génétique complet, même si une personne est déjà porteuse d’une variante connue de la SLA. Il est également important de noter que la présence de plusieurs variantes pourrait influencer à l’avenir la médecine personnalisée et le choix du traitement approprié pour les personnes atteintes de SLA.
Pour en savoir plus sur le soutien apporté par la Société canadienne de la SLA au Projet MinE, cliquez ici.
Chercheurs soutenus : Dr Sali Farhan et Dr Guy Rouleau.